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Club de lecture au Parc du Cinquantenaire ! – Lundi 15 juin 2020 de 14h à 15h30

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Club de lecture au Parc du Cinquantenaire !

Lundi 15 juin de 14h à 15h30

À l’initiative d’une de nos lectrices, un club de lecture adultes s’est formé à la Bibliothèque. Il se réunit tous les mois, pour échanger pistes, idées de titres, coups de cœur, lectures d’extraits…

Rendez-vous le lundi 15 juin à 14h en dessous des arcades du Cinquantenaire, venez avec votre masque et de quoi vous asseoir, sans oublier vos livres !

Compte-rendu du club de lecture du 18 mai 2020

L’année du Lion de Deon Meyer. Afrique du sud : Willem Storm et son fils de 13 ans, Nico, sont parmi les très rares survivants d’une pandémie à coronavirus (le livre a été publié en 2016 !). Plus rien ne fonctionne, les magasins se vident, les animaux domestiques retournent à l’état sauvage, la criminalité est bien présente, ceux qui n’en sont pas morts se battent pour leur survie. Il faut se méfier de tout le monde. Et la nature reprend ses droits, les chiens attaquent en meute, l’électricité fait défaut car il n’y personne pour entretenir les centrales et exploiter les ressources. Nico a 47 ans maintenant et décide d’écrire sur cette période de son adolescence qui a conduit à l’assassinat de son père. Je ne dévoile rien, il le dit dès le début du livre. Développé comme un thriller, on est pris par l’histoire qui interpelle sur ce qu’est l’être humain, ce qu’est l’humanité. (Odette)

Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon, Jean-Paul Dubois. C’est l’histoire d’une vie, celle de Paul Hansen, emprisonné à Montréal, qui déroule ses souvenirs des années 1950 aux années 2000, du Toulouse de sa mère au Jutland natal de son père danois, en passant par le Canada algonquin de la femme de sa vie. Tout au long du livre, Paul Hansen alterne des morceaux de sa vie avec des épisodes de son emprisonnement et de la promiscuité avec Patrick son codétenu. Ce n’est qu’à la fin que l’on découvre la raison de sa condamnation. Le personnage est attachant, l’écriture est belle, le vocabulaire riche sans en faire trop. Prix Goncourt 2019. Ceux qui recherchent un livre d’action, de suspense, avec des rebondissements et de l’inattendu seront déçus. C’est l’histoire d’un homme ordinaire, dans un monde ordinaire qui apporte joies et déceptions, amitié et trahisons, altruisme et rigidité. (Odette)

Se le dire enfin, Agnès Ledig. De retour de vacances, Edouard laisse sa femme et sa valise sur le parvis d’une gare. Dans une chambre d’hôtes, il va rencontrer Gaëlle et son fils Gauvain enfermés dans un terrible secret. La forêt de Brocéliande, en Bretagne, est son refuge. Dans cette nature puissante, il retrouvera sa raison d’être : « le respect de soi n’est pas de l’égoïsme ». (Geneviève)

La vie devant soi. Romain Gary a reçu le prix Goncourt pour ce roman, sous le nom d’emprunt d’Emile Ajar. En effet, Romain Gary s’est joué du Goncourt puisque le règlement n’autorise pas un auteur à recevoir le prestigieux prix deux fois, or il l’avait déjà obtenu en 1956 pour Les Racines du Ciel. Il voulait par cette mystification retrouver une certaine liberté d’expression, loin des critiques. L’affaire fut révélée à la mort de l’auteur en 1980. Le tour de force de ce roman, c’est d’évoquer un sujet grave sur le ton de la légèreté. L’enfance, la mort, la vieillesse, le milieu des prostituées et des émigrés s’entremêlent savamment pour former une œuvre atypique et jubilatoire. Quartier de Belleville, années 70. Momo, 10 ans vit chez Madame Rosa qui accueille des enfants de prostituées pour les protéger de l’assistance publique. Momo raconte son quotidien à hauteur d’enfant, émaillant son récit de réflexions sur la vie : « Les gens tiennent à la vie plus qu’à n’importe quoi, c’est même marrant quand on pense à toutes les belles choses qu’il y a dans le monde. […] La vie fait vivre les gens sans faire tellement attention à ce qui leur arrive. » Madame Rosa est hantée par ses souvenirs d’Auschwitz et se laisse gagner peu à peu par la maladie. Momo l’aidera à se cacher dans son « trou juif », elle n’ira pas mourir à l’hôpital et pourra ainsi bénéficier du droit sacré des peuples de disposer d’eux-mêmes qui n’est pas respecté par l’Ordre des médecins. « Ils vont me faire vivre de force, Momo. C’est ce qu’ils font toujours à l’hôpital, ils ont des lois pour ça. Je ne veux pas vivre plus que c’est nécessaire et ce n’est plus nécessaire. Il y a une limite même pour les Juifs… Je ne veux pas vivre uniquement parce que c’est la médecine qui l’exige. » Magnifique ! (Edith)

Et puis, en bref, les polars de la série Erica Falck de Camilla Läckberg m’ont mis l’eau à la bouche… très agréables à lire en dégustant des brioches à la cannelle, un must suédois. Je conseille de les lire dans l’ordre chronologique. Les trois premiers tomes : La princesse des glaces, Le prédicateur, Le tailleur de pierre, et si vous y prenez goût, il y en a plein d’autres qui suivent ! (Edith)

La tête sous l’eau, Olivier Adam 2018. Nombreux sont ceux qui se souviennent du film « Je vais bien ne t’en fais pas »… et ils ajouteront : avec Mélanie Laurent ! Mais parmi ceux-là, qui peut parler de l’auteur du livre ? Sans vouloir enlever du mérite au cinéma et à ce qu’il peut ajouter comme dimension à un livre, je trouve injuste et un peu scandaleux même, quand le grand public ignore le véritable auteur au point qu’il s’efface devant celui des acteurs… Cela me fait penser à ce metteur en scène d’opéra qui a décidé de modifier la fin de la partition pour la rendre plus conforme à ses idées. Bien sûr, les interprètes sont au service de l’auteur. Et si on devait se contenter d’admirer la partition, bien peu, et moi le premier, ne pourrait admirer les chefs d’œuvres qu’elles contiennent. Mais l’auteur reste pour moi celui qu’on ne peut oublier et dont on ne peut altérer les idées. Olivier Adam fait partie de ces auteurs qui réussissent à nous plonger au cœur de la vie des adolescents. Ces têtes en pleine ébullition, traversées d’idées, des plus noires au plus merveilleuses qui laissent les adultes perplexes. Nous avons toutes et tous, vécu cette période mais en gardons des souvenirs évasifs. Olivier Adam réussit brillamment à nous y replonger. Je cite ces quelques lignes de la quatrième de couverture : « Quand Léa a disparu, ils ont tous arrêté de respirer. La tête sous l’eau. D’un coup. Elle s’ennuyait à Saint-Lunaire, Léa, c’est sûr. Quitter Paris pour ce bled breton, sur le coup de sang d’un père dépressif, ça ne fait plaisir à personne. Mais de là à fuguer ? A-t-elle vraiment fugué d’ailleurs ? Son frère Antoine, n’y croit pas. Ses parents non plus. Ils ont tout envisagé, même le pire. Et puis comme la marée, Léa est revenue. En ramenant de loin des horreurs et des silences. On a sorti la tête de l’eau. Et la tempête est arrivée. Déferlante sur déferlante. La vie comme un esquif. » Une plongée dans le cœur des adolescents, avec tout ce que cela implique… Cette période de la vie où presque tout est encore possible car rien n’est joué, mais où les rêves les plus fous côtoient les angoisses les plus profondes. J’ai adoré et suis bien décidé à mieux découvrir cet auteur un peu trop oublié. (Gérard)

A bientôt,
Bonnes lectures !

Anne-Françoise et Edith

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