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Club de lecture – Lundi 20 septembre 2021 de 14h à 15h30

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Club de lecture

Lundi 20 septembre de 14h à 15h30

 
À l’initiative d’une de nos lectrices, un club de lecture adultes s’est formé à la Bibliothèque.

 
Il se réunit tous les mois, pour échanger pistes, idées de titres, coups de cœur, lectures d’extraits…

 

Compte-rendu du club de lecture du 14 juin 2021

Mémoires d’Hadrien, Marguerite Yourcenar
Retrouvé dans la bibliothèque de mes parents où il dormait depuis bien avant ma naissance (1951), ce roman m’est apparu beaucoup plus accessible que je ne l’avais pensé. Outre les informations sur la vie à Rome au temps de cet empereur qui consolida la paix de l’empire (76-138), le plaisir est essentiellement littéraire. C’est avec délectation que j’aborde cette écrivaine. Le roman consiste en une longue lettre sur sa vie, de la part d’Hadrien malade à Marc Aurèle, qu’il désigne comme son successeur. Voici un exemple de la comparaison entre l’Italie et les régions du Danube par un Hadrien promu tribun à la Deuxième Légion, avant de devenir empereur. « Notre sol grec ou latin, soutenu partout par l’ossature des rochers, a l’élégance nette d’un corps mâle : la terre scythe avait l’abondance un peu lourde d’un corps de femme étendue. La plaine ne se terminait qu’au ciel. Mon émerveillement ne cessait pas en présence du miracle des fleuves : cette vaste terre vide n’était pour eux qu’une pente et qu’un lit. Nos rivières sont brèves ; on ne s’y sent jamais loin des sources. Mais l’énorme coulée qui s’achevait ici en confus estuaires charriait les boues d’un continent inconnu, les glaces des régions inhabitables. » (Anne-Françoise)

Salle des pas perdus, tome 2 : Les années paix, Michel Claise
Dès juillet 1945, la vie reprend son cours pour les héros de Salle des pas perdus. Les années de paix n’en auront que le nom. Question royale, abdication du Roi, fin de la colonisation, chasse aux nazis, grandes grèves de Wallonie, indépendance du Congo, mouvements féministes… c’est toute une époque. Ces héros vont y prendre place, de par leur métier, leur engagement personnel mais aussi par leur vie affective. Tout continue à Bruxelles où, à l’origine, ils se rencontraient dans un café appelé le Vieux Schaerbeek. (Geneviève)

Nagasaki, Eric Faye
Au Japon, un homme quelconque vit seul et va travailler tous les jours sans fermer sa maison. Dans le quartier, pas besoin d’avoir peur, tout le monde vit sa vie sans importuner les autres. Oui, mais voilà, Monsieur Shimura (56 ans) constate que des aliments disparaissent de son frigo. Il ferme dès lors sa porte à clé en allant travailler. Mais le phénomène ne s’arrête pas. L’homme achète donc une webcam pour surveiller l’intérieur de sa maison pendant qu’il est au travail. La surprise est de taille. Une femme habite chez lui à son insu. L’écriture est belle et l’histoire est douce. A partir d’un fait réel, Éric Faye construit un roman attachant. Une lecture à conseiller, ce roman très court ravit le lecteur. (Odette)

L’enfant que personne n’aimait, Casey Watson
« Nous avons faim, Justin, trouve-nous quelque chose », répètent ses frères. Mais il n’y a rien à manger. Justin sent les larmes monter, la colère l’envahir aussi. Qu’est-il donc censé faire ? Justin n’a que cinq ans, ses frères ont deux et trois ans. Leur mère, héroïnomane, les a laissés seuls et affamés. Une fois de plus. La fois de trop : ce jour-là, Justin a mis le feu à la maison. Six ans et vingt foyers d’accueil plus tard, Justin est enfin arrivé dans une famille aimante qu’il a, au départ, tout fait pour rejeter. Jusqu’au moment où il s’est progressivement ouvert et confié. Là, il est devenu évident qu’il avait atrocement souffert, au-delà de l’imaginable et du supportable… Le témoignage émouvant d’un enfant abusé et trahi par ceux qui auraient dû l’aimer et le protéger. (Odette)

Arcadie, Emmanuelle Bayamack-Tam
Un livre qui m’a été chaudement recommandé par une amie. « Si l’on n’aimait que les gens qui le méritent, la vie serait une distribution de prix très ennuyeuse. »
Quand on évoquait le mot Arcadie dans l’Antiquité, il était synonyme de lieu béni des dieux qui représentait un âge d’or désormais perdu. Dans une interview, l’auteure, Emmanuelle Bayamack-Tam, reconnaît que toutes les utopies l’intéressent et c’est ce qu’elle a voulu incarner avec ce roman. Tout au long du livre, on va suivre Farah, 14 ans, qui a trouvé refuge, avec ses parents, dans une communauté libertaire vivant en autarcie. La jeune Farah va découvrir que son corps commence mystérieusement à présenter des attributs masculins. Elle tombe amoureuse d’Arcady, le chef spirituel, mais lorsque le groupe rejette les migrants en quête de refuge, elle y voit une trahison de leurs principes. Ici, l’auteure ne reproduit qu’à petite échelle ce qui se passe actuellement. Derrière les beaux principes des Droits de l’Homme, la politique n’est pas à la hauteur – des paroles mais pas des actes et pendant ce temps des milliers d’êtres humains perdent la vie en voulant fuir la mort dans leurs pays. L’auteure s’intéresse aussi à la décrépitude des corps, la vieillesse pour raconter que le désir n’est pas réservé seulement aux gens jeunes, beaux, parfaits. L’amour est très présent aussi. Très beaux passages. Un roman fort, à l’humour décapant, sur l‘innocence et le monde contemporain. J’ai beaucoup apprécié. (Edith)

Les sept nuits de la reine, Christiane Singer
Et puis aussi ce magnifique livre. Une femme se raconte en sept nuits : de la première alors qu’elle veille sa mère qui va mourir et que lui revient le souvenir de ses 7 ans à Berlin en 1943 quand avec cette mère jeune, belle et intrépide, elle traverse la ville en ruines pour rencontrer dans une prison ce père qu’elle ne connaissait pas, à la presque dernière ce sont des nuits nourries par la passion, l’attente ou le désespoir, il lui faudra la dernière pour connaître l’apaisement. Une initiation en sept étapes, un roman porté par un souffle de poésie et une interrogation profondément contemporaine sur le versant secret du monde et des êtres. Un extrait: « Quand je demande à ceux que je rencontre de me parler d’eux-mêmes, je suis souvent attristée par la pauvreté de ma moisson. On me répond : je suis médecin, je suis comptable… j’ajoute doucement… vous me comprenez mal : je ne veux pas savoir quel rôle vous est confié cette saison au théâtre mais qui vous êtes, ce qui vous habite, vous réjouit, vous saisit. Beaucoup persistent à ne pas me comprendre, habitués qu’ils sont à ne pas attribuer d’importance à la vie qui bouge doucement en eux (…). Qui sait encore que la vie est une petite musique presque imperceptible qui va casser, se lasser, cesser si on ne se penche pas vers elle ? » Gros coup de cœur. (Edith)

Rendez-vous à la bibliothèque le lundi 20 septembre de 14h à 15h30.

A bientôt,
Bonnes lectures !

Anne-Françoise et Edith

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