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Le prix Bernard Versele est en danger

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Le Prix Bernard Versele est un événement majeur de la littérature jeunesse et aujourd’hui il est en danger.
L’équipe de la bibliothèque Hergé est depuis longtemps impliquée dans la sélection, la promotion et le soutien de ce prix et ne pouvait rester indifférente face à cette situation.

Ci-dessous, le texte Un appel pour le Versele de Sophie Van der Linden résume la situation actuelle.

Afin de soutenir le prix Versele vous pouvez signer la pétition « appel pour le Versele » et vous inscrire sur la page Facebook des Amis du prix Bernard Versele.

Dans le Journal Le Soir, la journaliste Lucie Cauwe fait le point sur la situation.

Les auteurs se mobilisent également pour la défense du prix et vous pouvez retrouver ci-dessous un message de soutien de Benoît Jacques et de Claude Ponti.

Un appel pour le Versele

Le Prix Bernard Versele, créé en 1979 par la Ligue des Familles, est un prix unique dans le domaine de la littérature pour la jeunesse. Unique car il est le seul à combiner un processus de sélection participatif, un vote massif des enfants (plus de 45 000 enfants ont participé en 2011) et un soutien à la création.

Durant une année entière, la production est d’abord passée au crible par un comité de prospection qui sélectionne avec exigence des titres alliant grande qualité littéraire et souci de l’enfant lecteur. Partout en Belgique francophone, cette sélection est ensuite lue, discutée, puis votée par des bénévoles (parents, bibliothécaires, animateurs, passionnés…), soutenus dans leurs lectures par un solide accompagnement critique. Ces sélections sont achetées sur tout le territoire via le réseau des librairies, venant ainsi apporter un soutien non négligeable au circuit du livre. Au terme de ce travail de préparation, les malles de livres parviennent aux enfants, dans les structures de loisirs ou dans les écoles. Chacun lit la sélection adaptée à son âge et fait son choix, pour élire, avec une motivation et une conviction remarquables, le livre qui recevra le prix dans sa catégorie.

La remise en question d’un seul de ces axes essentiels constitue une menace pour ce Prix si intelligemment conçu de bout en bout.

Parce que nous savons le Prix Bernard Versele menacé dans cette intégrité nous, auteurs, éditeurs, libraires, médiateurs, parents, tous acteurs de la littérature pour la jeunesse, apportons notre soutien plein et entier aux organisateurs et aux bénévoles de ce prix afin qu’ils puissent continuer à offrir aux enfants des lectures qui les aideront à grandir, à comprendre le monde et qui leur donneront l’occasion d’une rencontre fondatrice avec la littérature et l’imaginaire.

 

L’ours et les abeilles, par BENOIT JACQUES

Ceux qui font des livres sont comme de gros ours.
Qu’ils s’adressent aux enfants ou non, ils travaillent au fond de leur grotte, tous seuls pendant des semaines.
Et puis un jour, un livre est là.
Alors, l’ours tourne en rond, s’interroge et s’inquiète.
On ne sait jamais trop ce qui va se passer avec un livre.
Sera-t-il lu ? Sera-t-il apprécié ? Et par qui ?

Quelques fois les ours se rassemblent dans un salon.
Un salon du livre.
C’est là que d’autres sympathiques bestioles viennent dire aux ours combien elles on apprécié leurs livres.
Dans des cas très rares, un ours reçoit un prix.
C’est généralement une chose décernée par un jury d’une douzaine d’animaux.
L’ours reçoit un grand pot de miel.
Il salue l’oiseau, le chat, la cigale et le dromadaire et heureux il retourne chez lui.

Parfois, et c’est encore plus rare, l’ours est primé au Versele.
C’est quoi ça, le Versele ?
Ce sont les milliers de petites abeilles qui viennent dire à l’ours qu’elles on lu le livre et qu’elle l’ont aimé.
Le genre de prix dont les ours font leur miel.

Et notre vieil ami Einstein nous l’a bien dit :
si les abeilles venaient à disparaître,
les cigales, les dromadaires, les chats, les oiseaux, les ours
et tout le reste
disparaîtra aussi.

Benoît Jacques, 21/06/2012

Le Prix Versele va sans doute disparaître.
C’est un prix des famille belges
en grande partie décerné
PAR des enfants
à des livres
POUR enfants.
Des centaines d’enfants
y travaillent et y participent.
Il va être supprimé.
Pourquoi?
Je ne sais pas.
Et je ne veux pas le savoir.
Je pense seulement:
« PAR les enfants, POUR les enfants »
C’est ça qui gêne,
qui bloque, qui fait bôf,
ça ne compte pas,
les enfants!
Toujours la même chose.
Les enfants, ça ne pense
que quand c’est adulte,
sinon, ça coûte.
Le prix Versele,
c’est comme si on me l’avait décerné
et que maintenant on m’enlèverait mon âme.
Et mon amour de la culture belge serait ébréché.

C.Ponti.

2 commentaires »

  • vervier dit:

    Bien triste nouvelle… dans un monde de plus en plus indifférent à l’art, à la création et à l’imagination, un merveilleux outil destiné à promouvoir la lecture auprès de nos enfants et de nos jeunes disparaîtrait ? Quel dommage ! Comment savoir ce qui peut encore leur plaire, les toucher ? Espérons que ce ne sera qu’un mauvais rêve et que nous allons bien vite nous réveiller et nous mobiliser pour éviter qu’il ne devienne réalité !

  • Lescalier Gilbert dit:

    Il y a moins d’argent disponible pour presque tout en Belgique et ailleurs. Il suffirait pourtant que la Monnaie dépense un peu moins pour ses rutilants et riches décors et il est légitime de croire que le Prix Versele serait sauvé. Est-il indispensable au maintien de l’autorité que nos élus roulent en grosse cylindrée ?
    Combien de divisions ? demandait Staline à propos des critiques du Vatican ; on pourrait dire aussi combien d’électeurs ? à propos des lecteurs de livres pour jeunes. Mon sentiment hésitant entre colère et mépris, je m’arrête avant d’être discourtois pour d’aucuns responsables.

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