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Annulé : Club de lecture – Lundi 11 juillet 2022 de 14h à 15h30

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Annulé : Club de lecture

Lundi 11 juillet de 14h à 15h30

À l’initiative d’une de nos lectrices, un club de lecture s’est formé à la Bibliothèque. Il se réunit tous les mois, pour échanger pistes, idées de titres, coups de cœur, lectures d’extraits…

Compte-rendu du 13 juin 2022

Les oubliés du dimanche / Valérie Perrin (présenté par Michelle)
Les oubliés du dimanche est un roman très original. À la fois triste et drôle, c’est l’histoire d’une jeune fille de 21 ans qui travaille dans une maison de repos. Mais ce n’est pas juste son histoire, c’est l’histoire de sa famille, de ses amours et des personnes âgées qu’elle soigne tous les jours aussi. Le livre suit surtout une certaine dame qui vit son présent perpétuellement sur la plage, mais qui a quand même eu une vie extraordinaire. Ce qui me plaît aussi, c’est que le roman parle du présent, mélangé avec la deuxième guerre mondiale. Ça montre comment l’une a influencé l’autre, même si énormément de choses ont changé depuis. Ce livre arrive aussi à montrer que la vie peut être complexe, même quand on fait de son mieux pour la rendre simple. Et que les plans les mieux conçus ne garantissent rien. Le roman nous rappelle aussi que si on prend le temps d’écouter, tout le monde a une histoire, des surprises et des secrets que l’on n’aurait jamais deviné. Surtout, ce roman nous laisse deviner jusqu’à la fin, et nous laisse avec le sentiment que la vie marche toujours en avant, et les regrets ne peuvent rien changer.

La collection disparue / Pauline Baer de Perignon (présenté par Thérèse)
Le récit commence par une rencontre fortuite de la narratrice avec un de ses cousins, qui lui parle de la collection de tableaux que possédait leur arrière-grand-père, et qu’il a vendue. Son cousin lui fait une réflexion qui va changer sa vie : « tu sais qu’il y a quelque chose de louche dans la vente Strauss ? » Page 22 : « Ce qu’Andrew me dit me plonge dans un trou noir, sans que je puisse déterminer si l’impression est agréable, bizarre ou angoissante. Je savais que Jules Strauss avait vendu sa collection de tableaux impressionnistes, mais voilà que Andrew remettait en cause les conditions de la vente et parlait même de nazis. Évidemment, Jules était juif ! Jusque là, je n’y avais pas vraiment pensé. » À partir de là, la narratrice va se lancer dans une recherche passionnée de la trace de ces tableaux disparus, ce qui va l’amener à retrouver l’histoire de sa famille, de cet arrière-grand-père dont elle ignorait tout, et d’être confrontée à une réalité historique dont elle ignorait tout. Elle se lance avec acharnement dans ce qui ressemble à une enquête policière, elle qui n’a aucune notion d’histoire de l’art. Et elle aura à redécouvrir une famille dont elle ignorait un certain nombre de secrets. Page 220 : « C’est le souvenir de Jules qui nous rassemble. L’amour des ancêtres a ce pouvoir étrange et merveilleux de réunir des gens qui n’ont plus rien d’autre en commun. Mon père est mort il y a plus de vingt ans mais je ne pense qu’à lui. Est-ce pour lui, en souvenir de ses silences, de ses moments d’absence, que je me suis lancée dans cette aventure ? Serait-il heureux, serait-il fier aujourd’hui ? » Comme je ne connaissais pas tous les tableaux évoqués, j’ai cherché les reproductions sur Internet, ce qui renforce l’authenticité du récit. Livre très simple à lire, entre enquête quasiment policière, autobiographie et incursion dans le monde de l’art.

Un père à soi / Armel Job (présenté par Geneviève)
Ce pourrait être un simple fait divers qui se lit comme du petit lait … Armel Job se livre ici à une excellente analyse de l’humain dans tout son inconscient et ses paradoxes personnels. Chaque personnage, décrit au peigne fin, tombe dans un engrenage qui est le mensonge où il est impossible de revenir en arrière…

L’île aux arbres disparus / Elif Shafak (présenté par Geneviève)
L’île, c’est Chypre pendant la guerre civile en 1974. Au Nord vivent les turcs musulmans, au sud les grecs chrétiens. Une frontière ne permet pas de traverser ce nord-sud. Le figuier est l’arbre sacré servant au rite funéraire. Ada, 16 ans, pousse un cri. Elle a perdu sa mère. Kostas, son père, est là.

L’éclaireur / Serguei Jirnov, Jean-Luc Riva (présenté par Gérard)
« On ne choisit pas d’entrer au KGB, c’est le KGB qui vous choisit. » Lorsqu’il intègre à dix-sept ans l’Institut d’État des relations internationales (MGIMO) à Moscou, Sergueï Jirnov est loin d’imaginer que ses pas seront bientôt guidés par le KGB. Et pourtant, ce dernier l’a choisi pour intégrer l’élite suprême de son cheptel d’espions : les éclaireurs. C’est ainsi que l’on désigne les illégaux, ceux dont la mission est d’infiltrer en profondeur et sur la durée l’ennemi occidental en se faisant passer pour l’un des siens. C’est une formation clandestine qui se déroule en dehors des circuits traditionnels, contraignant l’élu à mener dans son propre pays le parcours classique d’un citoyen doublé de celui d’un agent secret. Quand le service l’estime prêt, l’éclaireur rejoint l’École de la Forêt, l’endroit le plus mystérieux d’URSS, afin d’y suivre le cursus commun aux officiers du KGB. Peu à peu Sergueï va apprendre à mentir, à tromper, à manipuler, jusqu’à infiltrer l’ENA, à Paris, pour y repérer les cibles potentielles que recèle cette pépinière de futurs hauts fonctionnaires français et étrangers. De son enfance à ses missions, on suit le quotidien extraordinaire de Sergueï Jirnov dans un pays immense où le communisme règne encore en maître mais dont les jours sont comptés. On assiste avec lui à l’effondrement de l’Union soviétique et de son bras armé, le KGB. Avec lui, on découvre les techniques d’espionnage, les kompromat, les spetsnaz et les traîtres que l’on exécute. Enfin, la nature ayant horreur du vide, Sergueï Jirnov verra l’hydre tchékiste renaître avec la création du SVR et du FSB. Depuis, il porte un regard acéré sur l’utilisation des services secrets dans la Russie de Vladimir Poutine, un homme trouble dont il a croisé la route à plusieurs reprises. Si l’on veut vraiment comprendre l’espionnage russe d’hier et d’aujourd’hui, il faut lire L’Éclaireur. Pas très dur, parfois drôle, beaucoup d’autodérision et pas de langue de bois. Un œil averti sur un monde qui m’est totalement inconnu. J’ai beaucoup apprécié cette lecture.

Le cliquetis / Patrick Delperdange (présenté par Anne-Françoise)
Un jour, un étrange petit bruit se fait entendre, quelque part derrière un des murs de la grande maison. Et c’est la maison qui est le personnage principal du roman, son narrateur. Un cliquetis tenace et agaçant qui va bouleverser la vie de tous ses habitants : du couple avec ses deux enfants, aux étudiants sous les toits, en passant par le vieux monsieur grognon, ou la concierge qui veille au grain. Progressivement, les masques vont tomber – mais, qui est vraiment la dame du troisième ? – les dialogues s’instaurer, les drames se dénouer. La part belle est donnée aux enfants qui parlent vrai.

Betty / Tiffany McDaniel (présenté par Edith)
Gros coup de cœur. Prix du Roman FNAC 2020 et Prix America du meilleur roman 2020, Betty est un roman poignant que Tiffany McDaniel dédie à sa mère, née le 12 février 1954 à Ozark dans l’Arkansas. Sur plus de 700 pages, qu’on tourne sans s’en apercevoir, l’auteure raconte à la première personne, le passage de l’enfance à l’âge adulte de celle qui est née moitié blanche, moitié indienne. « Devenir femme, c’est affronter le couteau. C’est apprendre à supporter le tranchant de la lame et les blessures. Apprendre à saigner. Et malgré les cicatrices, faire en sorte de rester belle et d’avoir les genoux assez solides pour passer la serpillière dans la cuisine tous les samedis. Ou bien on se perd, on bien on se trouve. Ces vérités peuvent s’affronter à l’infini. Et qu’est-ce que l’infini, sinon un serment confus ? Un cercle brisé. Une portion de ciel fuchsia. Si l’on redescend sur terre, l’infini prend la forme d’une succession de collines verdoyantes. Un coin de campagne dans l’Ohio où tous les serpents dans les hautes herbes de la prairie savent comment les anges perdent leurs ailes. » Betty naît en 1954, sixième d’une famille de huit enfants, qui s’établit dans les contreforts des Appalaches, dans le sud-est de l’Ohio. Alka Lark, la mère, blanche, « si belle que les miroirs se lamentaient en son absence », ne s’exprime qu’en raccourcis abrupts (« Dieu nous hait […], nous, les femmes »). Landon Carpenter, le père, Cherokee, fabrique son alcool, ses tisanes guérissantes et ses mythes. Il surnomme Betty « Petite Indienne », lui dit qu’elle est « aussi libre qu’une plante », lui transmet sa « sagesse botanique » et sa propension à raconter des histoires. L’amour paternel ne la prépare pas à la dureté du monde. Betty doit encaisser les « nœuds à l’âme » que lui cause le harcèlement raciste à l’école, les secrets de famille et, plus largement, l’éradication du mode de vie des Cherokees, « fiers de leur société matriarcale et matrilinéaire ». Les légendes que son père lui raconte sont autant de leçons de vie qui lui permettent d’encaisser les blessures et de les réparer. Les mots seront également pour elle une autre échappatoire à cette cruauté de la vie. L’écriture est son refuge, elle griffonne sans cesse sur de petits papiers ses douleurs qu’elle enterre ensuite sous les pierres du jardin. Lumière et noirceur, amour et méchanceté, sauvage et civilisé, les thèmes s’affrontent tout au long du roman mais la magie des mots de l’écrivaine parvient à illuminer notre lecture et à nous donner la force de ne pas baisser les bras.
C’est un livre qui ne peut laisser personne indifférent, un livre dont la force vous étreint.

La tristesse des éléphants / Jodi Picoult (présenté par Edith)
Autre coup de cœur a mère de Jenna, Alice, a disparu lorsque celle-ci n’avait que trois ans. Aujourd’hui, elle en a treize et est bien décidée à retrouver sa trace. Elle n’a qu’une certitude : jamais sa mère ne l’aurait abandonnée. Jenna se met à relire le journal de bord d’Alice, une scientifique qui étudiait le deuil chez les éléphants. Pour progresser dans sa quête, elle s’adjoint les services de Serenity Jones, une voyante qui prétend être en lien avec l’au-delà, et de Virgil Stanhope, l’inspecteur qui avait suivi l’enquête à l’époque.

Rendez-vous à la bibliothèque lundi 11 juillet de 14h à 15h30.

Vous êtes les bienvenu(e)s même si vous n’avez pas de livre à présenter.
A bientôt, bonnes lectures !

Anne-Françoise et Edit

 

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