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Club de lecture – Lundi 12 décembre 2022 de 14h à 15h30

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Club de lecture

Lundi 12 décembre de 14h à 15h30

À l’initiative d’une de nos lectrices, un club de lecture s’est formé à la bibliothèque. Il se réunit tous les mois, pour échanger pistes, idées de titres, coups de cœur, lectures d’extraits…

Compte-rendu du 7 novembre 2022

La chienne de Naha / Caroline Lamarche (présenté par Anne-Françoise)

Le dernier récit de Caroline Lamarche, autrice liégeoise, s’intitule L’Asturienne, soit la saga de l’entreprise familiale qui a exploité le zinc aux Asturies au début du 20ème siècle, que j‘ai évoquée auparavant. Qu’en est-il de ses autres romans ? Je retiens particulièrement La chienne de Naha, où l’autrice se met en scène au Mexique avec la fille de l’employée de maison espagnole de son enfance. Dans un cadre géopolitique de conflit entre le gouverneur de la région de Oaxaca et les indiens Triqui, l’autrice raconte à la première personne un récit de voyage et une relation très particulière avec cette espagnole retrouvée après des années. Elle développe plus la poésie de l’intimisme, de la relation homme-femme dans un monde magique autour de cette légende de la chienne de Naha. « Ce livre est le récit d’un voyage, un voyage dont j’ai savouré chaque page. La narratrice évoque son passé, sa filiation, c’est finalement d’où elle part. Par petites touches, elle nous parle de sa rupture amoureuse, voilà pourquoi elle part. Mais ce qui m’a le plus transportée, ce furent ces images, ces sensations, ces esquisses, ces différents moments qu’elle a choisi de partager avec nous. Parfois la solitude, parfois la peur, parfois l’étrangeté car on est au Mexique et « Celui qui naît à Copala meurt par balles. » (Babelio)

Les Huit Montagnes / Paolo Cognetti (présenté par Thérèse) 

« Mon père avait une façon bien à lui d’aller en montagne. Peu versée dans la méditation, tout en acharnement et en bravade. » Ainsi commence le roman, dont le narrateur est, au départ, un enfant de 11 ans, fils unique vivant à Milan. Ses parents décident de louer une maison à Grana, dans le val d’Aoste, pour y passer les vacances. Rien à voir avec une station touristique, c’est un village isolé, une maison au confort rudimentaire. Pendant que le père randonne dans la montagne, l’enfant se lie d’amitié avec un villageois de son âge, Bruno, qui lui apprendra à déchiffrer tous les secrets de la nature dans laquelle il vit depuis toujours, et qu’il n’a jamais quittée. Au cours des vacances suivantes, le narrateur pourra accompagner son père en randonnée, et le découvrira sous un autre jour, plus attentionné. Mais l’essentiel de ses journées, il les passera avec Bruno. Celui-ci refusera l’offre d’accompagner son ami à Milan pour y fréquenter l’école, préférant sa vie sauvage. Ensuite, le narrateur ne se rendra plus à Grana pendant 20 ans, cherchant sa voie, tant sentimentale que professionnelle, et dans de lointains voyages, dont un dans l’Himalaya. Ensuite, il y reviendra et retrouvera son ami Bruno ; mais deux civilisations se côtoient, celle du citadin pourtant amoureux de la montagne, et celle de l’enfant sauvage devenu adulte et refusant une vie plus facile ; l’amitié très forte qui les lie s’incarne aussi dans l’amour ébloui de la montagne, presque comme une mystique.

La place / Annie Ernaux (présenté par Geneviève)

Ouvrier devenu commerçant, son père espérait que sa fille, grâce aux études, serait mieux que lui. Il disait : « Les livres, la musique, c’est bon pour toi. Moi, je n’en ai pas besoin pour vivre. » 

Célestine du Bac / Tatiana de Rosnay (présenté par Gérard) 

« Ce roman, je l’ai écrit en 1990. J’avais rangé le manuscrit dans un carton, puis je l’avais oublié. Jusqu’au jour où, à l’occasion d’un déménagement, nous nous sommes retrouvés, lui et moi. Je l’ai relu avec émotion et il m’a semblé qu’il avait aujourd’hui une résonance particulière. Il est là, entre vos mains. » (Tatiana de Rosnay) Lui a dix-huit ans, fils de bonne famille, écrivain en herbe, solitaire et rêveur. Elle est sans âge, sans domicile, abîmée par la vie et l’alcool. Tout les sépare. Pourtant un jour, rue du Bac, à Paris, leurs chemins se croisent. Au fil d’un premier roman qu’il termine, et d’un journal intime qu’elle tient coûte que coûte, ils s’apprivoisent. Contre toute attente, une extraordinaire amitié se noue. De celles qui changent une vie. De celles qui forgent à jamais une personnalité. Saisir sa chance, affronter le mystère familial qui le hante, c’est ce que Célestine va transmettre à Martin. 

Le serpent majuscule / Pierre Lemaitre (présenté par Gérard) 

« J’ai alors pensé à un roman écrit en 1985, qui n’avait jamais été adressé à un éditeur. Peu après l’avoir terminé, avait commencé une période difficile de ma vie. Quand elle s’était achevée, rien n’était plus tout à fait comme avant. Ce roman était très loin de moi. Il est entré dans un tiroir pour n’en plus jamais sortir. La rédaction du « Dictionnaire amoureux du Polar » m’a semblé une bonne occasion pour le relire. J’ai eu quelques bonnes surprises. Ce roman est assez crépusculaire et j’ai été étonné de voir que nombre de thèmes, de lieux, de types de personnages que je développerais plus tard y sont déjà présents. L’action du livre se déroule en 1985, heureux temps des cabines téléphoniques et des cartes routières, où l’auteur n’avait pas à craindre que son histoire soit rendue impossible par le téléphone portable, le GPS, les réseaux sociaux, les caméras de surveillance, la reconnaissance vocale, l’ADN, les fichiers numériques centralisés… À le relire, je lui ai trouvé quantité de défauts, et au moment d’en envisager la publication, la question s’est posée de savoir jusqu’où le corriger. Il m’a semblé plus loyal de le livrer au lecteur à peu près tel qu’il a été écrit. » (Pierre Lemaitre) Dans ce réjouissant jeu de massacre où l’on tue tous les affreux, l’auteur use avec brio de sa plume caustique. Avec cette œuvre de jeunesse, il a fait cadeau à ses lecteurs d’un roman noir et subversif qui marque ses adieux au genre. Dialogues cinglants, portraits saisissants, scénario impitoyable : du pur Pierre Lemaitre. 

De l’or et des larmes / Isabelle Villain (présenté par Gérard) 

« Jean-Luc Provost, le très médiatique entraîneur de gymnastique français, meurt dans un accident de voiture. La thèse du suicide, à seulement six mois des prochains jeux Olympiques de 2024, est très vite écartée. L’affaire, considérée comme sensible et politique, est confiée au groupe de Lost (équipe de la police criminelle). Pourquoi vouloir assassiner un homme qui s’apprêtait à devenir un héros national ? Rebecca et son équipe se retrouvent immergées dans un monde où athlètes et familles vivent à la limite de la rupture avec pour unique objectif l’or olympique. Ils sont prêts à tous les sacrifices pour l’obtenir. Jusqu’au jour où le sacrifice demandé devient insurmontable. » Après avoir travaillé pendant une quinzaine d’années dans la publicité et l’événementiel, Isabelle Villain se tourne vers la littérature policière, genre qu’elle affectionne depuis l’enfance. Elle obtient le prix Maurice Bouvier pour Peine capitale, et le prix polar du festival Jeter l’Encre pour Ames battues. « De l’or et des larmes » est son huitième roman. Isabelle Villain, que j’ai rencontrée au dernier salon d’Iris Noir m’a dit être une ancienne nageuse de compétition, elle a vécu dans une famille ou le sport était important. Son père aurait dû participer aux JO de 1940. Le monde du sport lui est donc familier, mais les dérives qui entachent de nombreuses disciplines, en particulier la gymnastique, l’ont incité à enquêter sur le milieu et les pratiques pour le moins criminelles… Je suis moi-même effrayé par toutes les dérives du sport d’aujourd’hui qui, à des années-lumière de l’idéal olympique, est devenu un moyen, pour les dictatures et le monde de la finance de TOUT se permettre. Ce livre est beaucoup plus qu’un thriller.

Les Enfants du désastre (trilogie) /  Pierre Lemaitre (présenté par Martine)

Au revoir là-haut a été adapté au cinéma par Albert Dupontel, et Couleurs de l’incendie vient de sortir au cinéma (réalisé par Clovis Cornillac). Certains personnages du premier roman se retrouvent dans les deux autres, mais les trois livres peuvent être lus de manière indépendante (pour ma part, le hasard a fait que j’ai lu le premier, le troisième, puis le deuxième). Les trois livres décrivent l’évolution de la France entre 1917 et 1941. Dans Couleurs de l’incendie, l’auteur met en scène des personnages illustrant cette France de l’entre-deux guerre, une période troublée et pleine de corruption. Il le fait à la manière d’un caricaturiste. Ce qui donne un roman incisif, vif, sans temps mort, plein d’ironie, de sarcasmes, de cynisme. Avec le revers de la médaille : le trait y est parfois, pour ma part, un peu gros et les personnages ressemblent à certains moments à des marionnettes manipulées par l’auteur pour illustrer son propos. Mais il s’agit d’un roman dont on se délecte. Du premier tome Au revoir là-haut, l’auteur reprend le personnage de Madeleine Péricourt, la sœur du soldat dessinateur, défiguré pendant la guerre 14-18. A la fin du premier roman, le frère de Madeleine se suicide, sa crapule de mari est enfin jetée en prison pour malversations et nous la quittions enceinte. Dans Couleurs de l’incendie, nous suivons Madeleine, mère d’un fils, Paul. Les 10 premières pages plantent le décor : les obsèques nationales du père de Madeleine, le riche banquier Péricourt, perturbées par la tentative de suicide de Paul, 10 ans, qui se jette du haut du deuxième étage de l’hôtel particulier sur le cercueil du grand-père, dans la cour d’honneur, juste avant que le cortège, composé des « hautes huiles » de la France, ne se mette en route pour la cérémonie funèbre. Scandale ! Paul échappe à la mort mais reste paraplégique. Madeleine hérite d’une immense fortune. Elle est une femme, donc n’a pas été éduquée à gérer les affaires, pour lesquelles elle n’a d’ailleurs aucune attirance, vit dans un monde parallèle tout entière consacrée aux soins de son fils paraplégique, hors des contingences matérielles et s’en remet totalement aux anciens collaborateurs de son père. Ceux-ci vont la ruiner et s’emparer de son héritage. Madeleine, femme démunie dans ce monde d’hommes corrompus, va alors utiliser son intelligence pour mettre en place, avec l’aide d’un complice (ancien personnage secondaire du premier tome Au revoir là-haut), avec des moyens parfois démoniaques et tout à fait illégaux, une vengeance qui va faire tomber un à un toutes les personnes qui ont contribué à sa ruine et à la tentative de suicide de son fils. À lire et à déguster !

Une étincelle de vie / Jodi Picoult (présenté par Odette) 

Alors qu’il célèbre son quarantième anniversaire au poste de police, Hugh McElroy, un négociateur de crise, est appelé sur le site d’une prise d’otages. Une heure plus tôt, un homme armé a fait irruption dans une clinique et a ouvert le feu, faisant plusieurs victimes. Il devient vite évident que le forcené a délibérément ciblé le dernier établissement de santé du Mississippi à pratiquer l’avortement. La situation s’avère délicate ; elle devient cauchemardesque quand Hugh apprend que sa fille unique âgée de quinze ans se trouve à l’intérieur du bâtiment. Mais que fait-elle là ? Dans le Nord de l’État, une adolescente se réveille dans un lit d’hôpital. Un policier en faction garde l’entrée de sa chambre et une avocate se tient à son chevet. Beth a dix-sept ans et ne comprend pas ce qui lui arrive. Ayant dépassé le délai légal, elle a avorté par ses propres moyens en commandant des médicaments sur Internet. Hospitalisée à la suite d’une hémorragie, elle apprend quelques heures plus tard sa mise en examen. Pourrait-elle être condamnée pour meurtre ? La question de l’avortement, plus que jamais sensible aux États-Unis, est au cœur du nouveau livre de Jodi Picoult. À travers le destin d’une poignée d’hommes et de femmes aux origines et opinions diverses, réunis au cours d’une journée fatidique, l’auteure poursuit son exploration des tabous de l’Amérique. J’ai éprouvé une déception avec la narration qui, au lieu de défiler dans le temps, remonte en arrière d’heure en heure. Cela m’a brisé le suspense mais j’ai alors décidé de m’attacher au développement des différents caractères des personnages. C’était sans doute le but de Jodi Picoult. À la fin de son livre, l’auteur nous délivre quelques notes qui à mon avis apportent un éclairage à son récit. Un roman puissant et volontairement provocateur, mais sans aucun parti pris, qui a le mérite de poser le débat d’une manière très constructive. 

Les vertueux / Yasmina Khadra (présenté par Michèle)

L ‘histoire se passe lors de la guerre 14-18. Yacine Cheraga vit en Algérie et est au service du caïd Gaïd Brahim, très puissant et craint dans la région. Les jeunes gens sont appelés à combattre sous le drapeau français. Hassam Brahim fils du caïd est réformé. Gaïd se sent déshonoré et décide d’envoyer Yacine à la place de son fils.Yacine part donc à la guerre sous le nom de Hassam. La première partie du roman raconte cette guerre, ses atrocités, dans un style lourd (propre à la guerre). La 2ème partie raconte le retour de Yacine alias Hassam en Algérie après la guerre. Il est à la recherche de ses parents. Ils ont quitté le douar. Il sillonne le pays et est amené à retrouver des compagnons de guerre qui le connaissent sous le nom de Hassam. Retrouver son identité ne s’effectue pas sans peine. Le style adopté par l’auteur est plus léger, philosophique. La 3ème partie raconte la vie de Yacine en prison. Quand il croit vivre en paix, l’identité de Hassam reste présente, il est accusé de méfaits qu’il n’a pas commis et est condamné à des travaux forcés. Toutefois le roman se termine par une note positive. Yacine retrouve sa femme et son fils. 

D’autres vies que la mienne / Emmanuel Carrère (présenté par Edith) 

À quelques mois d’intervalle, la vie m’a rendu témoin des deux événements qui me font le plus peur au monde : la mort d’un enfant pour ses parents, celle d’une jeune femme pour ses enfants et son mari. Quelqu’un m’a dit alors : tu es écrivain, pourquoi n’écris-tu pas notre histoire ? C’était une commande, je l’ai acceptée. C’est ainsi que je me suis retrouvé à raconter l’amitié entre un homme et une femme, tous deux rescapés d’un cancer, tous deux boiteux et tous deux juges, qui s’occupaient d’affaires de surendettement au tribunal d’instance de Vienne (Isère). Il est question dans ce livre de vie et de mort, de maladie, d’extrême pauvreté, de justice et surtout d’amour. Tout y est vrai. Alors qu’ils se trouvent en vacances au Sri Lanka le 24 décembre 2004, Emmanuel Carrère, sa compagne Hélène et les enfants échappent de peu au plus grand tsunami de l’histoire. Ils reviennent à Paris profondément affectés par le décès de la petite fille d’amis rencontrés là-bas. Hélène apprend quelques semaines plus tard qu’une de ses sœurs, Juliette, est atteinte d’un cancer du sein. Les métastases trouvées au niveau des poumons laissent craindre le pire… La quasi-simultanéité de ces deux événements est le point de départ de D’autres vies que la mienne, un livre témoignage d’Emmanuel Carrère particulièrement poignant sur la précarité de la vie et sur la dignité humaine.

Rendez-vous à la bibliothèque lundi 12 décembre de 14h à 15h30.

Vous êtes les bienvenu(e)s même si vous n’avez pas de livre à présenter, à bientôt et bonnes lectures !

Anne-Françoise et Edith


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