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Club de lecture – Lundi 21 septembre 2026 de 14h à 15h30

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Club de lecture

Lundi 21 septembre de 14h à 15h30

Le club de lecture se réunit tous les mois pour échanger des suggestions de lectures, des compte-rendus, des coups de cœur et des lectures d’extraits… Retrouvez ces livres et vérifiez leur disponibilité dans notre catalogue.

Compte-rendu du 15 juin 2026

555 / Hélène Gestern
C’est en défaisant la doublure d’un étui à violoncelle que Grégoire Coblence, l’associé d’un luthier, découvre une partition ancienne. A-t-elle été écrite par Scarlatti, comme il semble le penser ? Mais, à peine déchiffrée, la partition disparaît, suscitant de folles convoitises. Cinq personnes, dont l’existence est intimement liée à l’œuvre du musicien, se lancent à la recherche du précieux document sans se douter que cette quête éperdue va bouleverser durablement leur vie. Nul besoin d’être un musicien averti pour apprécier 555 de Hélène Gestern, ce roman choral passionnant qui nous entraîne dans le monde de la musique, des musiciens, de la lutherie avec à la clef, la résolution d’une énigme. Hélène Gestern brosse des portraits vivants de chacun de ses personnages, sachant, à merveille, nous les rendre attachants ou détestables, réussissant parfois, au fil du roman, à nous faire changer d’avis. Mais il en est un et il s’agit du personnage principal du roman qui, lui, ne nous déçoit pas, mais au contraire nous emporte dans la rêverie et l’émotion, c’est la musique, omniprésente tout au long du récit. C’est avec beaucoup de finesse et de sensibilité que l’auteure m’a emmené avec ses personnages à la recherche de cette sonate oubliée, me poussant inconsciemment à écouter ce fameux virtuose qu’était Scarlatti. (présenté par Gérard)

Le parfum des poires anciennes / Ewald Arenz
Sally et Liss ne pourraient pas être plus différentes l’une de l’autre. Sally, dix-sept ans, vient de fuguer. Anorexique, elle en veut au monde entier. Liss, la cinquantaine, travaille seule à la ferme, dans le silence des champs et des vignes. En offrant l’hospitalité à Sally, Liss ouvre sans le savoir une porte de sa vie. La jeune fille, qui ne devait rester qu’une nuit, trouve quant à elle un refuge auprès d’une femme différente des autres adultes : pas de jugements hâtifs, pas de questions suspectes. Tandis qu’elles effectuent les travaux des champs, récoltent les poires, soignent les abeilles, elles commencent, timidement, à se livrer, à partager ce qui les éloigne des autres. Dans ce roman lumineux, Ewald Arenz évoque la rencontre de deux âmes blessées qui, ensemble, vont trouver leur place dans le monde. Éloge de la différence et de la liberté, à l’image des multiples variétés de fruits qui poussent dans le jardin de Liss sans laisser la main de l’homme les façonner, Le parfum des poires anciennes est un hymne à la nature et à l’amitié. (présenté par Edith)

L’avocat du diable / Morris West
Monseigneur Aurelio, évêque de Valentia, en Calabre, a demandé au Vatican de lui déléguer un défenseur de la foi, communément appelé l’avocat du diable, dans les procès en béatification, car il est censé chercher des failles dans la vie de personnes présumées éligibles à la sainteté. Dans ce cas, de Giacomo Nerone, un homme que beaucoup de gens de Gemelli dei Monti, adulent comme un saint. Monseigneur Blaise Meredith, désigné pour tenir ce rôle, est un anglais, un homme de dossiers. Les médecins lui ont dit qu’il est atteint d’un carcinome. Il ne lui reste que douze mois à vivre, et les souffrances ne l’épargneront pas. Peut-être le cadeau que lui a offert l’évêque Aurelio, avec son amitié, va-t-il le soutenir dans cette ultime enquête. Il part donc à Gemelli Majore dans la Calabre d’après-guerre, une région pauvre de l’Italie, abandonnée. Le peuple paysan est rude. Il préfère les superstitions, les sortilèges, et les rites étranges aux médecins, et il les mêle à la religion. Un lourd silence règne au village sur Giacomo Nerone. Personne ne sait d’où il venait, et ceux qui savent se taisent. Blaise Meredith va rencontrer des personnalités de Gemelli dei Monti. La riche Comtesse, anglaise elle-aussi, et trop seule. Elle héberge un artiste-peintre, à la personnalité assez glauque. Le médecin juif, un homme bon, mais aigri par ses échecs. Le curé, Anselmo. Il vit en concubinage. Le mystère va s’éclaircir progressivement. Giacomo Nerone s’est dévoué pendant la guerre, pour nourrir le village, il a fait un fils pour l’amour de Nina, il a été exécuté par les partisans, et enterré dans la Grotte du Faune. Il aura vécu onze mois dans le village. Nina y vit encore, et leur fils Paolo, est devenu adolescent. Blaise Meredith le protégera des visées que le peintre a sur lui. Ses souffrances, son carcinome, étaient-ils le prix à payer pour devenir l’ami de l’évêque Aurelio, pour rencontrer, in extremis, une humanité diverse et vivante, pour profiter de la nature qu’il découvre pour la première fois, et pour avoir la satisfaction d’aider des personnes à construire valablement leur vie ? Pour finir, un très bon livre, qui laisse des traces. Les dialogues sont bien construits, les personnes sont décrites avec passion, les paysages sont inspirants, et la nature y est foisonnante. Un livre dans la même veine que La Puissance et la Gloire de Graham Greene. (présenté par Jean-Jacques)

Hystérie collective / Lionel Shriver
Le roman se passe dans une Amérique contemporaine – beaucoup de personnages évoqués sont réels, même si leurs faits et gestes sont modifiés-en proie à un courant de pensée : la Parité Mentale, ce qui signifie la négation totale des différences intellectuelles, toutes les intelligences se valent, et en douter est devenu illégal. On assiste à une véritable chasse aux sorcières, le vocabulaire est expurgé, l’emploi de mots comme stupide, sot, etc …est punissable, et dès lors sont rejetés tous les critères d’excellence : plus question d’examens, d’efforts, de performances; rejet des universités de qualité, disqualification des diplômes. De plus, s’installe un climat de délation. La narratrice, qui est enseignante, vit très mal cette dérive (critique à peine voilée du .wokisme), finira par s’y opposer et par tout perdre, avant que le vent tourne et finisse par lui donner raison : amère victoire… Au-delà de cet aspect, charge véhémente contre la cancel culture, il y a l’histoire de la narratrice, dont l’enfance a été particulièrement dure, et celle de son amitié pour Emory, l’amie qui lui a permis de s’en sortir. Quant à Emory, on y trouvera le portrait au vitriol d’une parfaite arriviste. Il y a des longueurs dans ce roman, qui parfois ressemble à un pamphlet ; mais on y devine la colère de l’ écrivaine américaine. La nuance n’est pas au rendez-vous, mais cela donne au total un livre intéressant, parfois jubilatoire, parfois inquiétant, parce qu’à travers cette dystopie, on retrouve pas mal de dérives actuelles. (présenté par Thérèse)

Civilizations / Laurent Binet
Wikipedia : Civilizations est le troisième roman de l’auteur français Laurent Binet, publié le 14 août 2019 aux éditions Grasset. Le roman adopte la forme de l’uchronie : il se déroule sur plusieurs siècles et se sépare de la réalité historique en établissant que les conquistadors espagnols n’ont jamais trouvé l’Amérique et qu’à l’inverse l’empereur inca Atahualpa débarque en 1531 en Europe où il va asseoir son pouvoir. Il reçoit le 31 octobre 2019 le Grand prix du roman de l’Académie française, ainsi que le prix Sidewise 2021. (présenté par Anne-Françoise)

Le secret des mères / Sophie De Baere
Dans le Morvan, une famille de paysans recueille Lucien de l’assistance publique. Il travaille dur à la ferme, grandit et devient très proche de Marthe, leur fille. Une profonde histoire d’amour naît entre eux. Un jour, elle se retrouve enceinte. Lucien travaillant, alors, pour un éleveur de bestiaux n’en sera jamais informé. La société de l’époque est impitoyable envers la réputation des « filles mères » et des enfants issus de milieux défavorisés. Dès lors, Marthe se retrouve, parmi tant d’autres, dans une maison maternelle (sorte de maison de correction) pour vivre sa grossesse, son accouchement et, enfin, pour l’abandon de son enfant… (présenté par Geneviève)

Chocolat amer / Philippe Blasband
Sabine Verhelst, 56 ans, ancienne prostituée, ancienne droguée, un quart congolaise (Sa grand-mère l’appelait « la crasseuse », à cause du teint de sa peau), est depuis huit ans la patronne du café « La belette », situé en face de la gare de Jette. Un matin de juillet 2020, en pleine pandémie, Sabine découvre un cadavre dans son café. La police est persuadée que la victime est un certain Thomas Likiesamo, alors qu’il s’agit de François Kandé, un client occasionnel employé au CPAS tout proche. Les deux hommes étant d’origine congolaise, la police privilégie d’abord une piste politique. Mais Jonathan Smet, fils d’un ancien baron de la drogue et patron de Thomas Likesiamo, craint que celui-ci ait été la véritable cible du tueur et que le meurtre ait été commis par une redoutable mafia scandinave (surnommée « les Ikéas ») avec laquelle il est en concurrence pour le rachat de cafés en difficulté suite à l’épidémie de Covid. Peu soucieux que la police s’intéresse à ses activités, il demande à Sabine d’enquêter. Huit ans plus tôt, elle avait en effet permis l’arrestation d’une sorte de Jack l’Eventreur bruxellois qui avait tué et dépecé plusieurs prostituées. D’abord réticente, elle finit par accepter, d’autant plus qu’elle découvre un second cadavre à son domicile. Après avoir exclu quelques pistes, elle commence alors à se demander si ces meurtres n’ont pas un rapport avec elle… « Chocolat amer » est un roman policier décalé, dont l’intrigue se déroule entièrement à Bruxelles, et qui met en scène une galerie de personnages savoureux, pas toujours très nets, voire pour certains extrêmement dangereux, mais qui ont tous une part d’humanité. C’est aussi le témoin d’une époque déjà largement oubliée, celle de l’épidémie de Covid, omniprésente à chaque page, Sabine étant très à cheval sur le port du masque, l’usage du gel hydro-alcoolique et les distanciations sociales. (présenté par Martine)

 
Rendez-vous à la bibliothèque lundi 21 septembre, 12 octobre, 16 novembre et 14 décembre de 14h à 15h30.

Vous êtes bienvenu(e)s même si vous n’avez pas de livre à présenter, à bientôt et bonnes lectures !

Anne-Françoise et Edith


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