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Club de lecture – Lundi 17 mai 2021

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Club de lecture

Lundi 17 mai

 

À l’initiative d’une de nos lectrices, un club de lecture adultes s’est formé à la Bibliothèque.

Il se réunit tous les mois, pour échanger pistes, idées de titres, coups de cœur, lectures d’extraits…

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Compte-rendu du club de lecture du 19 avril 2021

Nous avons réuni les textes suivants concernant nos lectures, envoyés par mail, faute de pouvoir échanger en chair et en os.

Le parfum des fleurs la nuit, Leïla Slimani
Leïla passe une nuit seule dans le musée d’art « La punta della dogana » à Venise. Elle nous fait part d’une multitude d’artistes à découvrir. Fabuleux. Si vous aimez l’art contemporain, il faut vous y rendre, notamment lors de la biennale. Le musée sera ouvert cette année à partir du mois de mai… Il a été restauré par l’architecte japonais Tadao Ando. Au XVIIe siècle, ce lieu était un marché où denrées d’Orient et d’Occident étaient échangées. La pointe ressemblait à un bateau brise-glace. (Geneviève)

Les impatientes, Djaïli Amadou
Le peuple Peul au Cameroun perpétue la tradition. Les filles sont mariées suivant les intérêts de la famille, c’est-à-dire pas seulement des parents, mais également des oncles. L’auteure nous parle du destin de trois jeunes filles : Safira, Ramala, Hindou. Ramala est arrachée à son amour pour devenir la seconde épouse d’un riche commerçant et est exposée à la jalousie de sa co-épouse Safira, qui jusque-là n’avait jamais partagé son mari. Sa sœur Hindou est mariée à un cousin, bon à rien et violent. L’auteure y parle de polygamie, de jalousie, de violence parfois, car les maris ont tous les droits ! Leurs femmes leur appartiennent. On leur enseigne « la patience » afin qu’elles acceptent la situation, quelque révoltante qu’elle soit. Patience ! C’est le seul et unique conseil qui leur est donné par leur entourage, puisqu’il est impensable d’aller contre la volonté d’Allah. Comme le dit le proverbe peul : Au bout de la patience, il y a le ciel. Ce livre est écrit par une auteure ayant vécu ces situations, ce qui fait la différence entre ce qu’on peut avoir déjà lu à ce sujet auparavant. (Odette)

L’art de perdre, Alice Zeniter
Le livre est assez connu, je crois. Prix Goncourt des lycéens. L’Algérie dont est originaire sa famille n’a longtemps été pour Naïma qu’une toile de fond sans grand intérêt. Pourtant, dans une société française traversée par les questions identitaires, tout semble vouloir la renvoyer à ses origines. Mais quel lien pourrait-elle avoir avec une histoire familiale qui jamais ne lui a été racontée ? Dans une fresque romanesque puissante et audacieuse, Alice Zeniter raconte le destin, entre la France et l’Algérie, des générations successives d’une famille prisonnière d’un passé tenace. Mais ce livre est aussi un grand roman sur la liberté d’être soi, au-delà des héritages et des injonctions intimes ou sociales. L’histoire est belle et intéressante. Le style de Zeniter est léger mais pas superficiel. Son écriture est très visuelle. Peut-être est-ce pour cela que le livre a connu un vrai succès parmi les ados. La première partie du livre est magnifique à lire. L´histoire du grand-père en Algérie. Ça m’a donné envie de lire plus sur l´Algérie française, peut-être quelqu’un ici pourrait me recommander une lecture sur le sujet ? (Ignacio)

L’Anomalie, Hervé Le Tellier
Un avion, exactement le même, atterrit deux fois à quelques semaines d’intervalle. Tous les personnages vont se retrouver dans une situation compliquée… Il est très difficile d’en parler sans divulguer l’intrigue, mais on peut dire que ce livre interpelle quant aux choix que nous faisons dans la vie et les conséquences que cela implique. Un prix Goncourt qui pour une fois ne m’a pas déçue même si c’est un peu tiré par les cheveux. (Odette)

Voir du pays, Delphine Coulin
Résumé éditeur : Deux filles, Aurore et Marine, reviennent d’Afghanistan. Elles y ont vécu six mois de tension, d’horreur, de peur. Elles vont passer trois jours à Chypre, dans un hôtel cinq étoiles, pour ce que l’armée appelle un « sas de décompression » : séances de débriefing collectif et de cours d’aquagym, soirées arrosées et visites de sites archéologique, le tout censé leur réapprendre à vivre normalement, à oublier la guerre. Dans un décor de filles en maillots et de fêtes sur la plage, Aurore et Marine vont s’apercevoir qu’elles n’ont peut-être plus rien à perdre, et aller jusqu’au bout de la violence. (Odette)

Beauté fatale, Mona Chollet
Ceux et celles qui ne sont pas familiers d’une féminité stéréotypée (c’est plutôt mon cas) ne se rendent pas forcément compte de la pression exercée sur les femmes par la société via les médias : presse, cinéma, pub. La mise en exergue de ce phénomène est l’objet de cet essai qui réussit avec finesse, humour et méthode à en décortiquer tantôt les enjeux tantôt gigantesques en termes financiers tantôt les mécanismes plus subtils et insidieux. Peu coutumière du monde de la mode, j’ai dû surfer sur le net au fur et à mesure du bouquin pour mieux saisir l’univers mental où d’autres nagent comme des otaries (pour reprendre Chollet) et arriver ainsi à suivre l’analyse critique de l’autrice sur ce qu’elle appelle le « Complexe Mode-Beauté » et ses conséquences désastreuses : la difficulté d’arriver pour de nombreuses femmes à une identité féminine épanouie ; être, s’affirmer et vivre plutôt que paraître et plaire. J’étais peu concernée par la mode sans toutefois me croire imperméable aux communications subliminales et cachées et je cherchais donc, par cette lecture, à faire un éventuel lien : se pourrait-il que moi aussi, à mon insu, j’aie subi cette influence ? La réponse est oui. Mona Chollet démontre comment l’omniprésence dans les médias de normes tyranniques et de modèles inaccessibles enferme de nombreuses femmes dans le rejet d’elles-mêmes, l’insécurité psychique et l’auto dévalorisation chronique. Ces difficultés de femmes révèlent selon elle une forme de subordination sociétale. La presse féminine, le monde du mannequinat, les influenceurs.euses et surtout les gros groupes industriels cosmétiques qui sponsorisent depuis toujours le cinéma (Festival de Cannes et L’Oréal par exemple) en prennent ici pour leur grade. Leur intérêt à ainsi maintenir l’horizon féminin au ras des pâquerettes est basique : parce que ce système, tel qu’il a été construit au cours du temps, fonctionne financièrement bien et est celui qui fait le plus vendre. La belle femme blanche mince en couverture de magazine est imbattable, même en Asie : remplacez-la par une belle africaine, même dans un contexte vantant son exotisme sulfureux avec force léopards zèbres etc. et les ventes de magazines et donc les retours sur les publicités de produits chutent drastiquement ! L’autre grande raison serait que les femmes jolies, gentilles et peu intelligentes sont le fantasme de nombreux hommes et que c’est pour leur ressembler que les femmes achètent leur magazine. J’ai aussi apprécié le décryptage médiatique des affaires récentes GSK, Polanski, Epstein, et l’éclairage pointu sur les réactions phallocrates et machistes auxquelles ces affaires ont donné lieu publiquement. Mona Chollet est une journaliste suisse, cheffe d’édition depuis 2016 au Monde Diplomatique. (Christine)

Perdre pied, Colette Nys-Mazure
Lors d’une semaine au bord de la Manche dont les jours rythment le livre, on découvre une chambre d’hôte, son sympathique couple âgé très soudé de tenanciers, et les habitants du moment. Il y a une jeune femme réceptionniste dans un hôtel du coin qui revient de Rome, une mère et sa fille anorexique d’Angers, mais aussi les occupants d’un immeuble voisin : un jeune homme en chaise roulante et la famille nombreuse de l’étage du dessous, sous la responsabilité du jeune père de famille dont l’épouse absente travaille. La plupart d’entre eux trébuchent sur des obstacles de la vie : un fils malade du sida, un père absent reporter en Afghanistan dont on est sans nouvelles, une rupture amoureuse douloureuse, les conséquences d’un accident grave. À travers leurs interactions, leurs interrogations, au gré des trajectoires de vie qui naissent des rencontres, et sous le feu ardu des questions des enfants, se dessine l’essentiel en filigrane, fournissant l’air de rien un tableau charmant qui sert de réflexion profonde et poétique sur la vie. (Christine)

Si vous avez envie de partager une de vos lectures en mars, merci d’envoyer une petite présentation de votre livre pour le 17 mai au plus tard.

A bientôt,
Bonnes lectures ! Merci à celles qui ont envoyé leur(s) propositions(s) !

Anne-Françoise et Edith

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