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Club de lecture – Lundi 13 décembre 2021 de 14h à 15h30

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Club de lecture

Lundi 13 décembre de 14h à 15h30

 
À l’initiative d’une de nos lectrices, un club de lecture adultes s’est formé à la Bibliothèque.

 
Il se réunit tous les mois, pour échanger pistes, idées de titres, coups de cœur, lectures d’extraits…

 

Compte-rendu du club de lecture du 8 novembre 2021

À propos de l’écrivain, poète et éditeur belge Francis Dannemark décédé il y a peu à 66 ans (présenté par Anne-Françoise).
C’est Thomas Gunzig, lors d’une de ses chroniques du matin à la radio, qui en annonçant sa mort le 30 septembre 2021, lui a rendu hommage. Tout d’abord comme écrivain et poète mais aussi comme soutien pour les nouveaux auteurs. Fondateur et codirecteur de la collection Escales des lettres (1998-2017) aux éditions Le Castor Astral, il fut ensuite conseiller littéraire indépendant et anima des stages et ateliers d’écriture.
Me souvenant d’un titre cité lors de cette courte émission : Mémoires d’un ange maladroit, j’ai commencé à découvrir l’auteur par ce roman de 1984. Le personnage principal est engagé pour écrire, recueillant dans une demeure sur le bord de la mer, les mémoires d’un homme qui a connu Berlin, Milan, Zurich, l’Ecosse. À part quelques rencontres sur la plage et avec sa collègue dactylographe, ce personnage est solitaire et introspectif. Le lecteur y cherche l’intrigue. Ce ne sont que les heures qui passent et poussent à philosopher. L’écriture est assez poétique, parfois ambigüe, avec l’utilisation du futur antérieur pour parler de la fin. Pas toujours facile à la lecture. Extraits :
P.161 : « Elle avait fermé la porte de la maison. Je faisais demi-tour pour rentrer. Je ne pensais à rien. Je stockais son sourire, précieusement. »
P.171 : « De mémorialiste à moraliste, il n’y a qu’un pas, lui ai-je dit. Sauf s’il s’agit de rapporter, et c’est heureux, des histoires sans morale. »
P.189 : « Je n’aurais pas accompagné Cathy et le jardinier. Ils seraient venus rapidement de la ville. C’est le jardinier qui aurait dispersé les cendres au bout du parc. »
J’ai ensuite lu des textes plus récents et plus accessibles, où le personnage principal, en mal de vivre, réalise des rencontres inattendues qui le réconcilient avec la vie, à la manière d’Agnès Ledig. Les femmes y ont un beau rôle.
La longue promenade avec un cheval mort en 1993, voyage solitaire avec un cheval congelé, pour le ramener à son propriétaire, rencontres inattendues. Extrait : « L’histoire comme toutes les histoires, a commencé bien avant. Et se terminera bien après, après la fin de la course, après la fin des pages. Toutes les histoires, au fond, sont des dérapages. On contrôle ce qu’on peut ; Dieu, les astres et les chevaux font le reste. »
La grève des archéologues, 1994. Séjour à Venise en hiver de deux amoureux qui ne savent pas encore que leur histoire tient la route. Ici le personnage principal est une femme. Extraits :
P.16 : « Le soleil de presque midi fait briller les feuilles d’or des monuments et les pigeons prennent des poses comme les gens, c’est leur métier. »
P.48 : « Il faut sortir maintenant, elle glisse un guide dans la poche de son manteau, ajuste son écharpe et, tout à la fois mélancolique et joyeuse, retrouve le rio qui, à vingt pas de l’hôtel, prononce avec des sons liquides et verts le nom de Venise en hiver. »
P.90 : « Les parents de Séverine font carrière. Avec des pauses psychanalytiques. Avec des pauses politiques. Concernés par tout, ils se débrouillent pour n’être jamais responsables de rien. Et se sentent avec le temps qui passe, de plus en plus coupables. Ils ratent leur vie, mais avec brio. »
P.107 : « La magie de l’amour c’est qu’il rend beau, et qu’au lieu de rendre la justice, il propose la justesse. »
Aux anges en 2014, deux amis d’enfance qui font un voyage en voiture, rien ne se passe comme prévu, optimisme au rendez vous.
La véritable vie amoureuse de mes amies en ce moment précis en 2012, trop long, autour d’un ciné club de films des années 30-40 dans une maison d’Uccle qui abrite une maison médicale où ne restent qu’un psychologue et une médecin. Différents personnages gravitent autour de cet homme et cette maison à rénover d’urgence.
Le grand jardin en 2007. L’histoire d’une famille des cantons de l’Est depuis le début du 20ème siècle. Venus du Sud Ouest de la France pour pouvoir rester protestants, ils sont devenus belges, puis allemands et de nouveau belges. Deux jumeaux naissent dans les années 1950, l’un d’eux devient le personnage torturé, poète, musicien qui a du mal à trouver la voie de l’amour et de la stabilité. C’est cette quête et les différentes rencontres qui font la trame de ce roman. Extraits :
P.36 : « Elle naîtrait sans vouloir respirer, mais Rose Marie la prendrait dans ses bras avec tant de force et de douceur que l’enfant finirait par le pousser ce cri de douleur, de peur ou de surprise que poussent tous les humains à leur arrivée, lorsqu’ils comprennent que ça y est, l’aventure a commencé, pour le meilleur et pour le pire, avec dix épreuves à traverser ou dix mille, avec à la clé un bonheur qu’ils trouveront sous une forme ou l’autre, ordinaire ou extravagante, violente ou sereine, et qui prendra des années, des décennies ou parfois même la vie entière pour se révéler. »
P.163 : « Et ils firent l’amour, ainsi qu’ils le faisaient à chacune de leurs rencontres, avec la précision silencieuse de deux faucons se laissant tomber ensemble du plus haut d’un ciel d’été. »
P.203 : « Marcella était une vieille dame imposante et souriante qui marchait lentement. Elle demanda à Florent de s’arrêter un peu. Ils trouvèrent un tronc d’arbre pouvant servir de siège et firent silence un instant. Il faisait très froid, leur respiration fabriquait des fantômes qui trainaient un moment dans l’air avant que le vent les efface. »

Et les vivants autour / Barbara Abel (présenté par Gérard)
Résumé : « Voilà quatre ans que l’ombre de Jeanne plane sur eux. Comme s’ils n’avaient plus le droit de vivre pour de vrai tant qu’elle était morte pour de faux. Cela fait quatre ans que la vie de la famille Mercier est en suspens. Quatre ans que l’existence de chacun ne tourne plus qu’autour du corps de Jeanne, vingt-neuf ans. Un corps allongé sur un lit d’hôpital, qui ne donne aucun signe de vie, mais qui est néanmoins bien vivant. Les médecins appellent cela un coma, un état d’éveil non répondant et préconisent, depuis plusieurs mois déjà, l’arrêt des soins. C’est pourquoi, lorsque le professeur Goossens convoque les parents et l’époux de Jeanne pour un entretien, tous redoutent ce qu’ils vont entendre. Ils sont pourtant bien loin d’imaginer ce qui les attend. L’impensable est arrivé. Le dilemme auquel ils sont confrontés est totalement insensé et la famille de Jeanne, en apparence si soudée, commence à se déchirer autour du corps de la jeune femme… Après « Je sais pas » et « Je t’aime », le nouveau thriller de Barbara Abel dissèque à la perfection la psychologie et les émotions en montagnes russes des personnages qui gravitent autour du corps de Jeanne, inerte et si présent à la fois. »

Artifices / Claire Berest (présenté par Geneviève)
Après Rien n’est noir, passion colorée sur la vie de Frida Kahlo, Claire Berest nous invite à découvrir son nouveau roman, empreint également par l’art. Abel Bac, flic solitaire, est suspendu après 20 ans de loyaux services. Camille Pierrat, sa collègue, inquiète, le poursuit afin de comprendre les raisons de sa profonde solitude. Elsa, une nouvelle voisine d’immeuble, entre également dans son intimité, outre la culture des orchidées… Roman de fiction, super bien écrit, fait appel à l’art contemporain : Connaissez-vous Perrotin Emmanuel ? C’est un marchand d’art contemporain à Paris. Que signifie un macguffin hitchcockien ? C’est un concept, un prétexte au développement d’un scénario. Avez-vous vu les sculptures suivantes à Paris ? Le centaure par César, Le lion de Denfert, Le buste de Dalida à Montmartre, etc. Enfin, avez-vous lu la fable Le cheval, le lion, le renard de notre vieil ami ? Alors, lisez ce livre !

La fabrique des pandémies / Marie-Dominique Robin (présenté par Geneviève et Odette)
Geneviève et Odette ont lu ce livre qui leur a fait découvrir et redécouvrir un grand nombre d’aspects dans l’évolution des espèces vivants sur terre. Voici le résumé : « Voir un lien entre la pollution de l’air, la biodiversité et la covid-19 relève du surréalisme, pas de la science!”, affirmait Luc Ferry en mars 2020, accusant les écologistes de récupération politique. Voilà un philosophe bien mal informé. Car, depuis les années 2000, des centaines de scientifiques tirent la sonnette d’alarme : les activités humaines, en précipitant l’effondrement de la biodiversité, ont créé les conditions d’une épidémie de pandémies. »
C’est ce que montre cet essai, mobilisant de nombreux travaux et des entretiens inédits avec plus de soixante chercheurs du monde entier. En apportant enfin une vision d’ensemble, accessible à tous, Marie-Monique Robin contribue à dissiper le grand aveuglement collectif qui empêchait d’agir. Le constat est sans appel : la destruction des écosystèmes par la déforestation, l’urbanisation, l’agriculture industrielle et la globalisation économique menacent directement la santé planétaire. Cette destruction est à l’origine des zoonoses, transmises par des animaux aux humains : d’Ébola à la covid-19, elles font partie des nouvelles maladies émergentes qui se multiplient, par des mécanismes clairement expliqués dans ce livre. Où on verra aussi comment, si rien n’est fait, d’autres pandémies, pires encore, suivront. Et pourquoi, plutôt que la course vaine aux vaccins ou le confinement chronique de la population, le seul antidote est la préservation de la biodiversité, impliquant d’en finir avec l’emprise délétère du modèle économique dominant sur les écosystèmes. Livre magnifiquement documenté.

Des vents contraires / Olivier Adam (présenté par Odette)
C’est avec encore autant de bonheur que j’ai relu ce livre. Beau, tout en délicatesse, ce livre émouvant est un livre d’atmosphère, rempli de tendresse… de tristesse aussi parfois. Voici le résumé : « Depuis que sa femme a disparu sans jamais faire signe, Paul Andersen vit seul avec ses deux jeunes enfants. Mais une année s’est écoulée, une année où chaque jour était à réinventer, et Paul est épuisé. Il espère faire peau neuve par la grâce d’un retour aux sources et s’installe alors à Saint Malo, la ville de son enfance. Mais qui est donc Paul Andersen ? Un père qui, pour sauver le monde aux yeux de ses enfants, doit lutter sans cesse avec sa propre inquiétude et contrer, avec une infinie tendresse, les menaces qui pèsent sur leur vie. Dans ce livre lumineux aux paysages balayés par les vents océaniques, Olivier Adam impose avec une évidence tranquille sa puissance romanesque et son sens de la fraternité. »

Un amour retrouvé, Véronique de Bure
Voici le résumé : « Il m’arrive une drôle d’histoire… C’est par ces mots que Véronique est accueillie cette nuit-là par sa mère, soixante-treize ans. Et c’est vrai que c’en est une, drôle d’histoire, celle de la réapparition d’un premier amour, premier chagrin aussi, dont elle était sans nouvelles depuis plus de cinquante ans. Très vite va reprendre une cour à l’ancienne, faite de visites, de billets doux, de retrouvailles émues et de mains qui s’effleurent. Comment vit-on l’amour retrouvé à l’âge des tables de bridge et du temps qui s’étire ? Et comment, lorsqu’on est la seule fille de la fratrie et que l’on peine encore à faire le deuil d’un père trop tôt disparu, accepter l’intrusion de l’homme du passé et la liberté nouvelle d’une mère qui nous échappe ? »

Rendez-vous à la bibliothèque le lundi 13 décembre de 14h à 15h30.
Vous êtes les bienvenu(e)s même si vous n’avez pas de livre à présenter.

A bientôt,
Bonnes lectures !

Anne-Françoise et Edith

2 commentaires »

  • Françoise Radermacher dit:

    Super initiative!
    Je ne pourrai pas vous rejoindre le 13 décembre. Si vous connaissez déjà l’agenda des mois à venir, pourriez-vous me le transmettre ou m’indiquer où le trouver?
    D’avance, merci!

  • Edith dit:

    bonjour Françoise,
    j’ai ajouté votre adresse email à nos contacts. Vous recevrez donc les nouvelles dates en même temps que le compte-rendu de décembre. Nous ne les avons pas encore programmées.
    Cordialement,
    Edith

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