Accueil » Agenda, Section adulte

Club de lecture – Lundi 17 avril 2023 de 14h à 15h30

Pas encore de commentaire

Club de lecture

Lundi 17 avril de 14h à 15h30

À l’initiative d’une de nos lectrices, un club de lecture s’est formé à la bibliothèque. Il se réunit tous les mois, pour échanger pistes, idées de titres, coups de cœur, lectures d’extraits…

Compte-rendu du 13 mars 2023

Pedigree / Georges Simenon
120 ans après la naissance de Simenon, je me suis plongée dans Pedigree, un long texte de 600 pages, bien loin de ses romans habituels. Ici, pas de meurtre, pas d’enquête, pas d’inspecteur, mais le récit d’une enfance dont le narrateur est le héros. Né en 1903, comme Simenon, Roger raconte son enfance, jusqu’à la fin de la guerre de 14-18. Il a alors, comme il l’écrit lui-même, 15 ans et demi. Ainsi donc, Roger nous raconte une enfance liégeoise, passée entre un père débonnaire et un peu mou, ce n’est qu’à la fin du roman qu’on apprendra la raison de cette apparente nonchalance, et une mère hystérique et geignarde, hyperactive et obsédée par l’argent, tentant toujours de « strogner » tous les pensionnaires qu’elle héberge pour rapporter un peu d’argent au foyer. Il décrit aussi sa famille, ou plutôt ses familles, celle de son père et celle de sa mère. Le tableau n’est pas réjouissant, entre les tantes hystériques ou maladives, les oncles plus riches et un peu condescendants et le frère alcoolique et à moitié clochard, et tous âpres au gain, et médisants : une fameuse galerie de gens plus ou moins sympathiques… Quant à l’école, elle apparaît surtout comme le lieu des grandes différences sociales : séparation entre l’école privée payante fréquentée par les fils de bourgeois, Roger y sera admis à demi-tarif, ce qui lui semble humiliant, et l’école publique fréquentée par les fils d’ouvriers, mal vêtus et qui parlent mal. Portrait de Liège, aussi, de ses quartiers pauvres et des beaux quartiers bourgeois, d’une société très hiérarchisée et socialement très marquée. Il n’y a en fait guère d’intrigue, et le livre est parfois long. Simenon tenait beaucoup à la notion de roman, mais admettait que ce texte, et surtout le personnage de Roger, étaient largement autobiographiques. J’ai été surprise du peu d’empathie dont le narrateur fait preuve : en fin de compte, personne n’est vraiment sympathique… surtout pas Roger. (présenté par Thérèse)

L’écologie n’est pas un consensus / François Gemenne
Quatrième de couverture : « Alors que les circonstances devraient y conduire, l’écologie ne parvient pas à s’imposer comme la force politique dominante du XXIe siècle. Les signaux d’alarme concernant les destructions de l’environnement n’ont jamais été aussi forts, le climat est désormais une des principales préoccupations des Français, et pourtant… Alors que les activistes demandent aux gouvernements d’agir davantage pour le climat, les résultats des élections envoient un tout autre signal aux dirigeants. Cet ouvrage explique les raisons de cette apparente contradiction, et pointe les limites de la démocratie représentative dans sa capacité à mener des politiques transformatrices pour la protection du climat ou de la biodiversité. S’il existe un large consensus dans la société pour reconnaître la situation alarmante de l’état de l’environnement, ce consensus disparaît dès qu’il s’agit d’évoquer les solutions, et fait volontiers place aux caricatures ou aux indignations stériles. Si la démocratie représentative apparaît comme une impasse, la situation n’est pas désespérée pour autant : la démocratie ne se réduit pas aux élections, et l’ouvrage montre comment le changement peut advenir en explorant d’autres voies… sans passer par une « dictature verte ». À condition d’avoir les yeux grand ouverts sur les raisons pour lesquelles nous échouons. » Dans la première partie, l’approche de l’auteur est nuancée, il formule bien la situation (peu de gens se soucient de la situation). La deuxième partie est plus « irréaliste » : il met entre autres, en parallèle le combat pour les droits civiques aux USA et la lutte pour le climat avec l’argument qu’une minorité peut y arriver… mais je ne trouve pas le parallèle adéquat. (présenté par Odette)

Human Psycho / Sébastien Bohler
Et si le propre de l’Homme n’était pas le rire, le langage ou l’aspiration à l’éternité, mais son pouvoir de destruction ? Dérèglement climatique, hausse des températures, montée des eaux, pandémies… nous allons droit à la catastrophe. Le responsable de cette catastrophe est l’humanité elle-même. À force de grandir et de recouvrir toute la surface de la Terre, elle se comporte comme un cerveau géant et surpuissant, doté d’une infinité de connexions. C’est ce cerveau qui prélève des ressources sur la Terre, produit des millions de SUV et de smartphones, fait travailler les humains sans relâche et recrache des milliards de tonnes de CO2 dans l’atmosphère. Mais à quoi pense cet organe ? A-t-il des désirs ? Des émotions ? Quels sont ses plans ? Dans Human Psycho, Sébastien Bohler adopte une démarche clinique pour analyser le cerveau global qu’est devenue l’humanité, comme un psy le ferait avec son patient. Le constat qu’il livre est glaçant : ce cerveau possède les traits caractéristiques d’un psychopathe. Il coche toutes les cases du profil psychologique d’un serial killer qui massacre sa victime : la planète. Alors, peut-on le soigner ? Tel est le questionnement ultime de cet ouvrage, qui nous emmène sur une crête étroite entre néant et espoir. Page 30 : « Voilà, à grands traits, ce qui saute aux yeux lorsqu’on examine l’humanité sur le plan du langage, de la cognition, de l’émotion et de l’action. Nous avons devant nous un être à l’égo démesuré, obsédé par la manipulation, dénué d’empathie, et totalement impulsif. Que signifie cet ensemble de traits caractéristiques ? Pour qui est rompu aux notions classiques des neurosciences et de la psychiatrie, le diagnostic est immédiat (…) ce que dessine sous nos yeux ce tableau clinique, c’est le portrait exact d’un psychopathe. » (présenté par Odette)

Une immense sensation de calme / Laurine Roux
Son premier roman, révélation 2018. Elle écrit également des nouvelles et de la poésie. « Cela dure un instant ou de longues minutes, je ne saurais le dire. Le regard d’Igor abolit mon être. Partout dans mon corps mille particules soulèvent mes membres, et c’est à la fois de la peur et de la glace, du miel et de la lavande. » Alors qu’elle vient d’enterrer sa grand-mère, une jeune fille rencontre Igor. Cet être sauvage et magnétique, presque animal, livre du poisson séché à de vieilles femmes isolées dans la montagne, ultimes témoins d’une guerre qui, cinquante ans plus tôt, ne laissa aucun homme debout, hormis les invisibles, parias d’un monde que traversent les plus curieuses légendes. Au plus noir du conte, Laurine Roux dit dans ce premier roman le sublime d’une nature souveraine et le merveilleux d’une vie qu’illumine le côtoiement permanent de la mort et de l’amour. (présenté par Edith)

Des âmes noires / Anne Perry
Hester Latterly est engagée par une riche famille écossaise pour accompagner une vieille dame à Londres. Sa consigne est de lui administrer un remède pour son cœur. Elle se lie d’amitié avec sa patiente, lui administre le médicament, puis s’endort. A son réveil, la vieille dame a rendu l’âme. L’autopsie révèle qu’il s’agit d’un empoisonnement, et Hester, accusée du meurtre est emprisonnée. Tous les amis de la jeune femme se mobilisent…vMonk part pour Edimbourg afin d’y mener l’enquête. Ensemble, ils découvriront la vérité et bien plus encore. (présenté par Geneviève)

Le grand monde / Pierre Lemaître
Après la trilogie Les Enfants du désastre (Au Revoir Là-haut, Couleurs de l’incendie et Miroir de nos peines), Pierre Lemaître entame une nouvelle série de quatre romans, consacrée aux Trente Glorieuses. Il s’agit cette fois d’une saga familiale, l’histoire de la famille Pelletier. Le Grand Monde se situe en 1948 : après la fin de la Guerre, la France n’a pas encore renoué avec la prospérité et le climat social et économique est morose. Angèle et Louis Pelletier, un couple de Français installés à Beyrouth, sont les propriétaires d’une savonnerie prospère qui fait la fierté de Louis. Il rêve qu’un de ses trois fils lui succède à la tête de l’entreprise mais aucun n’est intéressé. Après un essai désastreux à la savonnerie, le fils aîné, Jean (surnommé Bouboule), a quitté le Liban pour Paris avec sa femme Geneviève. Grâce aux relations de Louis, il obtient un emploi de représentant de commerce. Le couple doit se contenter d’une vie étriquée dans un appartement minuscule, au grand dam de Geneviève qui ne perd aucune occasion de rabaisser son mari et de lui reprocher sa médiocrité et son manque d’ambition. François rêve de devenir journaliste, mais sa mère déteste ce métier depuis qu’elle a été bousculée par un journaliste alors qu’elle était enceinte. Alors, après avoir réussi son bac, François est donc aussi parti à Paris, prétendument pour y suivre les cours de l’école normale supérieure. En fait, il ne met pas les pieds à l’école mais essaie de se faire engager dans un journal, sans grand succès jusqu’au jour où une actrice connue est assassinée dans les toilettes d’un cinéma alors qu’il s’y trouve. Profitant de l’aubaine, il rédige un article sur ce fait-divers sensationnel et le propose à un journal à grand tirage, qui le publie et engage François. Quant à Etienne, il est amoureux de Raymond, un légionnaire belge parti combattre en Indochine, dont il est sans nouvelles depuis quelques semaines. Afin de retrouver son amant, il part à Saigon où il obtient un poste à l’Agence des monnaies, un organisme chargé d’examiner les demandes d’importation en provenance de France. Mais rien ne va se passer comme il l’attendait. Il va mettre du temps à découvrir ce qui est arrivé à Raymond et se trouver confronté à un monde où règnent la corruption, les trafics, les trahisons, l’opium et le jeu. Enfin, après le départ d’Etienne, Hélène, la petite dernière, ne supporte pas de rester seule à Beyrouth avec ses parents. Elle s’enfuit pour aller rejoindre François et Jean à Paris, où son père parvient à la faire admettre à l’école des Beaux-Arts. Mais elle ne tardera pas à se rendre compte que ce n’est pas la voie qui lui convient. On retrouve dans ce livre toutes les qualités de Pierre Lemaître. Contrairement aux livres précédents, où chaque tome mettait en scène des personnages différents et une histoire complète, la saga des Pelletier se poursuivra dans les tomes suivants et on a hâte de lire la suite. (présenté par Martine)

La prophétie des abeilles / Bernard Werber
René Toledano, ancien professeur d’histoire, et Opale, hypnotiseuse et harpiste, vivent sur une péniche-théâtre. Ce soir, le spectacle affiche complet, mais Opale souffre d’une pharyngite. René décide de la remplacer, elle se contentera de l’accompagner à la harpe. René dans son nouveau rôle d’hypnotiseur